Un semi-slick chinois deuxième d'un comparatif Auto Bild, devant le Michelin Cup 2 R : le Vitour Tempesta P1 a surpris beaucoup de monde en 2026. Chez nous, il ne surprend plus. On roule les pneus Vitour depuis assez longtemps, en client comme en essai, pour savoir ce qu'ils font bien, ce qu'ils demandent et où la promesse reste à prouver. Le P1 marche avec peu de carrossage et pardonne beaucoup. Le Sonic, lui, revendique un niveau de slick que nos essais n'ont pas encore pu confirmer, faute d'une géométrie adaptée. Et toute la gamme partage une exigence que beaucoup ignorent : le rodage thermique. Voici ce qu'on retient du terrain.
La gamme Vitour : où se situent le P1 et le Sonic
La gamme pneu Vitour s'échelonne du moins au plus performant : Formula Z, Enzo, Tempesta P1, Sonic, et un futur Slick annoncé.
- Enzo : à positionner face au Nankang AR-1. On a encore peu de roulage dessus, mais le dessin de sa bande de roulement devrait le rendre moins bruyant qu'un AR-1, qui peut devenir fatigant sur la route du trackday.
- Tempesta P1 : le concurrent direct du Nankang Sportnex CR-S.
- Sonic : sans équivalent direct. C'est un semi-slick homologué route pour lequel Vitour revendique des performances de slick.
Vitour Tempesta P1 : ce que montre le test Auto Bild 2026
Auto Bild Sportscars a comparé cinq semi-slicks en 275/35 R19 sur une BMW M2, à Vizzola et Nardò, avec le Michelin Pilot Sport Cup 2 et un slick Pirelli en référence. Le Vitour Tempesta P1 termine 2e au classement final, derrière le Pirelli P Zero Trofeo RS. Sur le tour rapide sur le sec :
| Pneu | Tour sec (s) | Écart P1 |
|---|---|---|
| Slick Pirelli (référence) | 147,67 | −1,89 |
| Pirelli P Zero Trofeo RS | 148,53 | −1,03 |
| Vitour Tempesta P1 | 149,56 | — |
| Michelin Pilot Sport Cup 2 R | 150,09 | +0,53 |
| Michelin Pilot Sport Cup 2 | 150,58 | +1,02 |
| Nankang Sportnex CR-S | 150,88 | +1,32 |
Le reste du test confirme le profil : 2e sur le relais long, 3e au freinage sur le sec, et sur le mouillé une maniabilité proche du CR-S, devant le Trofeo RS et les deux Michelin. Les points faibles relevés sont un freinage sur mouillé dans la moyenne et le train de pneus le plus lourd du comparatif (56,2 kg).
Ce que le chrono ne dit pas, c'est le comportement. Sur ce point, les retours sont unanimes : le P1 est prévenant, offre une très bonne lecture de la route et un feeling très analogique. Il n'est absolument pas piégeux, que l'on soit débutant ou à la limite, et laisse une vraie marge d'erreur. Surtout, à l'approche de sa limite thermique, il ne décroche pas d'un coup sec comme la plupart des semi-slicks. Les retours clients sont très bons, avec une exception notable : un pilote sur G82 qui, malgré de bons chronos, a dû davantage se battre avec sa voiture et préfère toujours le CR-S. C'est l'exception, mais elle rappelle qu'un pneu se choisit aussi au ressenti.
Vitour Sonic : un semi-slick homologué, une promesse de slick à confirmer
Vitour présente le Sonic comme aussi performant qu'un slick, tout en restant homologué route. On l'a testé au Mans, sur le circuit Bugatti : avec une référence à 1'45 en slick de bonne qualité, le Sonic est ressorti à +3 secondes. Ce test ne valide pas la revendication, mais il ne l'invalide pas non plus : la géométrie, à 3,1° de carrossage avant, n'était pas adaptée. Le train avant écartait plus qu'en slick, alors que le train arrière s'est montré totalement comparable à un slick.
Deux enseignements à retenir :
- Un slick reste plus « plug and play » qu'un Sonic, qui demande un réglage dédié (c'est peut-être le prix de l'homologation route).
- Pour un pilote intermédiaire, le Sonic apporte un énorme sentiment de confiance et de sécurité. Sa longévité et sa constance devraient aussi dépasser celles d'un slick d'occasion, dont l'espérance de vie tourne autour de 150 km selon le rythme et le passif.
Un nouveau test dans de bonnes conditions, avec 3,5° de carrossage avant, est prévu pour trancher.
Carrossage : le P1 en demande moins, le Sonic plus
C'est la différence de réglage la plus importante entre les deux pneus Vitour.
Le P1 a besoin de moins de carrossage que ses concurrents. Là où d'autres semi-slicks demandent 3,5°, il fonctionne déjà très bien dès 3° à l'avant. C'est un vrai argument : la plupart des suspensions, notamment les KW, ont du mal à dépasser 3° de carrossage. Le P1 est donc compatible avec un ensemble technique beaucoup moins exigeant.
Le Sonic demande environ 3,5°. Exemple concret sur une M2 F87 en Tractive Track chaussée de Sonic, en essais à Lédenon : avec 2°52′ à l'avant et 1°57′ à l'arrière, on manquait nettement de carrossage à l'avant et légèrement à l'arrière. La correction proposée : 3,5° à l'avant et 2,1° à l'arrière, sans toucher au pincement. C'est cohérent avec le test du Bugatti, où 3,1° ne suffisaient pas.
Plus largement, le pneu doit être accordé à l'hydraulique de l'amortisseur et à la raideur des ressorts pour obtenir un ensemble cohérent. C'est vrai sur toute la gamme Vitour, et c'est avec des suspensions Tractive que nous avons constaté le meilleur niveau de performance. Pour les questions de largeur et de déport liées au carrossage, voir notre article sur les jantes BMW M pour le circuit.
Rodage thermique des pneus Vitour : l'étape à ne pas sauter
Les pneus Vitour ont besoin d'un rodage thermique (ou recuit) après montage :
- Chauffe sur route : rouler pour amener les pneus dans la zone 45–55 °C.
- Refroidissement : au moins une nuit, idéalement 24 h.
- Sessions 1 et 2 : monter le rythme progressivement, sans fortes contraintes ni fortes températures d'entrée. Les faire monter, redescendre, puis remonter.
Sans ce rodage, la première journée sera très bonne. Mais après refroidissement complet, le pneu a tendance à se plastifier et perd nettement en performance. Le rodage conditionne la longévité et la constance sur toute la durée de vie du pneu.
Pressions et températures : la fenêtre de fonctionnement
Le P1 et le Sonic travaillent dans la même plage :
- Température optimale : 75 à 95 °C.
- Pression à froid (départ) : 1,7 à 1,8 bar.
- Pression à chaud : 1,9 à 2,2 bar, une fenêtre qui fonctionne très bien.
Cette fenêtre est plus large que sur un Cup 2, qui s'abîme quand on descend sous 2 bar. Au-delà de 2,2 bar, le pneu Vitour se met à couiner : c'est le signal pour rentrer au stand et baisser la pression.
Sans capteurs de température, deux symptômes doivent alerter. Un train avant trop chaud élargit la trajectoire bien au-delà de la dérive habituelle. Un train arrière trop chaud enroule et sort en légère glisse. Dans les deux cas, le pneu est sorti de sa plage de température.
Dernier détail pratique : le P1 et le Sonic ont un témoin d'usure sec en petits puits, comme sur un slick, en plus du témoin pluie classique.
Quel pneu Vitour choisir ?
Si votre suspension plafonne autour de 3° de carrossage, ou si vous cherchez un pneu qui pardonne et qui informe, le Tempesta P1 est le choix logique. Si vous disposez d'amortisseurs racing capables d'aller chercher 3,5° et que vous voulez le niveau au-dessus, le Sonic mérite d'être essayé, avec un réglage dédié. Pour situer Vitour face au reste du marché, voir aussi notre guide quels pneus pour les trackdays.
👉 Voir le Vitour Tempesta P1 pour BMW M2 F87 et le semi-slick Vitour Sonic. Une question sur la géométrie à adopter pour votre voiture ? Contactez-nous.
Source : test Auto Bild Sportscars Track Day 2026, résultats repris par Tyre Reviews.



Share: